… Ridée ? moi jamais !

Les marques de vieillesse envahissent la peau des femmes à peu près en même temps que l’apesanteur sur leur poitrine et la culotte de cheval sur leur cheval. On a beau lutter contre l’idée, planquer, tricher, mentir, bref faire ce que toute femme apprend dès son plus jeune âge, rien n’y fait. Un jour ou l’autre, ça pendra, ça flétrira, ça ridera.  Et oui, je sais vu d’ici ça fait rêver, mais c’est la vie. « Ton corps change » dirait le Doc, « il faut apprendre à l’accepter ».

Ou pas.

Face à la secte militantiste des décroissantes, des écolos extrémistes, des néo soixante-huitardes en jupons fleuris et autres femmes proches de la nature et loin de leur Epilady, il y a la secte des femmes qui ne vieilliront jamais. Impossible, elles ont fait une pétition au ministère de la santé pour faire de leurs rides un enjeu national. Elles ont pleuré chez Rosine pour faire stocker les crèmes anti-rides par l’armée, et obliger les médecins à faire de la prévention.

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… teste pour vous : Nora – le one woman stand up show

20h30, dans une rue sombre du 11ème arrondissement de la capitale de la France, deux amies hilares, clopes au becs et apéro en main devisent joyeusement de la performance d’une jeune artiste découverte grâce aux bons soins de LadiesRoom.fr. Les deux beautés (ben quoi ?) échangent intelligemment (comme d’habitude) et néanmoins perfidement (toujours) leurs premières impressions :

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… Démission impossible quand on est une maman

Je m’appelle Peter, mais ma mère m’appelle Pitou, mon frère alcoolique Petrus et mes amis ne m’appellent pas. J’ai 38 ans, je m’occupe de maman mais sinon je suis ingénieur dans une boite qui fait des boites. Chez moi l’hiver dure 6 mois, et bon ben y’a pas à dire quand on boit pas on s’emmerde. Et moi je bois pas. Maman n’aime pas ça.

Mais cet hiver tout à changé. Un soir, pendant le diner, je jouais au foot avec mes doigts, je faisais des tirs au but avec mes petits pois. Maman adore les petits pois, mais pas moi. En plein match, mon doigt a ripé, il a glissé sur le manche de ma fourchette, et de footballeur il est devenu skateur. Quel pied, j’ai joué pendant des heures. Puis j’ai foncé dans mon atelier, bricolé quelques pièces, j’ai bombé le torse, rentré mon ventre (les petits pois ça pardonne pas), j’ai mis ma casquette à l’envers, enfilé mon baggy (maman était sortie). Puis j’ai foncé déposer mon brevet. Le skate de doigt était né, et moi j’étais en route pour la célébrité.

Un an plus tard, dans une petite bourgade du 92.

Je m’appelle Magdalena, mais mes amis m’appellent Mag et ma mère m’appelle pas. J’avais une vie plutôt bien gaulée, entre mon job, mes hommes, mes ex, mes futurs, mon futur, et l’hiver qui passe à toute allure. Mais cet hiver, ma vie a changé. Cet hiver, j’ai pris cher, j’ai basculé dans le coté obscur de la force, à des années lumières de ce qui est « in », je me suis ringardisé en l’espace d’un souffle, clouée à l’autel des « has been » par un demi homme excité.

« Maman, maman, il faut absolument que tu viennes m’aider, je porte à gauche ça va pas du tout, j’ai les doigts qui glissent ! »
« Mon chéri combien de fois faudra t-il te répéter que c’est normal ton corps change, mais que tu ne dois pas étaler ton intimité… d’ailleurs tu diras à ton père de… Mais qu’est-ce que c’est que ça ? »
« Ben mon skate de doigt ! »
« Ton skate de quoi ? »
« Pffff mon skate de doigt ! ça vient des zétas ounis, c’est une amie de papa qui me l’a rapporté. C’est génial c’est trop cool. Et puis je veux le Skate Mega Trix bleu irisé, gente alliance bi latérales et roulement à billes chromé pour Noël. Dis oui maman d’amour dis oui, dis oui, siteuplé »

Breathe mother breathe. La génisse se met à l’heure des Staaaaates. Elle peste contre son ex, ses amies, ses conneries, en anglais. Puis elle regarde avec perplexité l’enfant à contenter. Qu’à cela ne tienne, elle n’est pas du genre à démissionner. Elle fouille dans ses armoires pour trouver l’outil chirurgical et les loupes double foyer qui permettront aux petits doigts du môme de rouler sans tourner. L’opération aussi complexe que déroutante la laissera pourtant dépitée. Si elle avait imaginé un jour loucher sur une cette aberration. Elle avait rêvé son fils surfeur, le voici skateur… de doigt. Elle soupire sur ses rêves d’enfant bien gaulé, de tombeur, d’homme branché : un deuil bien difficile qui devrait financer la nouvelle BMW de l’honni thérapeute… Si au moins elle pouvait mettre la main sur le crétin d’inventeur. Si au moins… Mais non, par dépit elle devra se contenter de rêver de l’émasculer. Car le plus humiliant reste à venir.

« Excusez moi jeune homme, je suis à la recherche d’une steackdedoigt » mumure-je à un comis acnéique du Toys’R Us d’Issy.
« Comment ? »
« hum, pourriez vous m’indiquez le rayon des micro skate ? » insistais-je à mi voix.
« Je ne comprends rien vous cherchez quoi ? »
« DES STAKES DE DOIGT, incapable ! Non mais c’est vrai quoi je vous jure pas moyen d’être renseignée, et je vous préviens si vous ricanez je vous explose le nez. » explosais-je enfin, me libérant sur le pauvre crétin.

Et quand la mère arrive enfin devant l’étal gigantesque des skates de nains, l’œil hagard, la mine défaite. Elle y croise d’autres ovnis, pathétiques géniteurs ahuris. On se comprend d’un battement de cil, on s’échange les adresses, on s’improvise support psychologique. Nous ne sommes plus seuls face à l’ennemi. Courage on verra pire. Courage nous irons loin. Skate de doigt dans nos poches, on soupire, c’est moche. Mais nos mômes on les aime, alors on a signé pour 20 ans, pour 30 ans… démission impossible quand on est une maman.

… Vous avez dit bloquée ?

Je cligne des yeux. Je recommence. Je tente de faire le point. Je frotte un peu pour virer les dernières images rétiniennes d’un rêve voluptueux. Je grimace et m’étire, la femelle se fait chatte. La chatte se fait souris. Je couine. J’ai mal partout, comme d’habitude. Le sport, les sports, y compris ceux pour lesquels j’avais un certain penchant (traitres !), s’acharnent à ressusciter mes muscles si consciencieusement enterrés. J’avais jamais remarqué jusqu’alors à quel point c’est sadique un muscle. Pire c’est criminel. Toujours un peu rêveuse, je me rebelle. Je m’imagine dans le shorty de Lara Croft, faisant ma chasse aux sorcières, organisant le Salem du grand fessier, la purge du biceps, l’holocauste des ischio-jambiers.

Mais force est de me résigner : j’ai déjà jeté mon short taille mammouth après ma dernière orgie musculaire. Et déjà à l’époque c’était eux qui avaient gagné. Mes muscles, ces lâches n’en finissent plus de jubiler. Fumiers. Pas la peine non plus d’ériger un mur entre la douleur et moi, ça fait maintenant 20 ans que les murs de la honte sont passés de mode, alors j’ouvre les yeux. Je me déplie. Enfin j’essaye. Il y a de la rébellion côté synapses, de l’insurrection côté articulations, grève générale des interconnexions. Dans ma tête une voix résonne « chers usagers de la ligne Mag, suite à un incident de passager, la ligne est momentanément bloquée à quai, veuillez prendre les correspondances ».

Docile j’obéis. Je roule sur le coté pour ménager le RER abdominal toujours en grève. Il y a parfois des avantages à se réveiller seule. Point de course précipitée pour avoir l’air défroissée, repassée, liftée, parfumée envers et endroit. Parfois, quand on a l’impression qu’un semi remorque a fait perfidement marche-avant /marche-arrière sur votre nerf sciatique, on apprécie d’être seule pour lancer un légitime « sa race !!!! » à chaque mouvement esquivé. Parfois quand les tambours du Bronx s’invitent pour un concert privé dans votre Cortex, on apprécie de ne pas avoir de spectateurs pour ramper sans perdre sa dignité.

Seule…
Un doute m’habite tout à coup. Le suis-je ?
Cela expliquerait en partie le sentiment d’avoir été broyée propose perfidement ma conscience. Je me repasse en accéléré le film peu glorieux des 20 dernières minutes, de mes derniers grognements, de mes spasmes, de mes injures. Je serre les paupières très fort et lance une petite prière vite fait à l’ensemble du Gotha religieux. Aux vues de mes états de service, j’ai appris qu’il valait mieux sonner à toutes les portes. Dans le doute… Pourvu que… Mes yeux roulent douloureusement dans leurs orbites. Je tourne lentement la tête à gauche puis à droite. Merci Seigneurs. Point de témoin à éliminer, et une rotation bilatérale du cou en état de marche. C’est la fête. C’est ma fête.

Je pose les pieds par terre. J’attends. J’attends encore et encore que l’idiot qui fait défiler le film au ralenti cesse de jouer avec la télécommande. Respirer prend des heures. Non non, je n’exagère pas. Regardez, là j’inspire, là j’expire. J’ai pris 10 ans. Je reprends la check-list de lancement de la machine de guerre. Et oui, c’est vrai plutôt datée de la seconde guerre… C’est l’USS Entreprise 1ère génération, le Nimitz, ou plutôt le naufrage du Potemkin. Je me tâte. Même ça , ça fait mal.

J’inspire, je respire. Ça y est je suis centenaire. Dans un ultime acte de courage, par patriotisme ou parce que ma vessie date elle aussi des années folles, je me lève, me déploie, me déroule… et m’écroule. Dans le match « Mag contre ses organes » c’est le dos qui vient de gagner. Les muscles hyènes cessent de glousser, coiffés au poteau par une vertèbre retors. Silencieuse et sournoise elle vient de se bloquer, cessation totale d’activité, prise en otage du patronat, demande de rançon et refus de négociation.

J’ai beau être matinale…
Mon cerveau lent renonce à protester. J’augmente simplement le fond sonore de mes gémissements et retourne me coucher. Dans mon malheur j’espère au moins que le voisin me croira occupée et comblée…

… A-H1NI the twilight zone

Notre histoire débute par une journée ordinaire dans une ville ordinaire, la météo est plutôt clémente pour un mois d’octobre et la cantine du boulot a servi du poisson pour déjeuner. Notre héroïne de cette semaine s’appelle Mag. Elle travaille comme d’habitude dans son placard nommé bureau, entouré de ses amis requins nommés collègues, elle louche sur son ordi nommé… ordi, et n’a pas pris de poisson pour déjeuner. Elle en est à sa 6ème réunion, sans pause. Elle rayonne, elle suinte la positive attitude. Il est 18h, dernier meeting avec le boss, no stress donc. Elle gère. Enfin elle a surtout arrêté de penser sur les coups de 14h. Depuis elle se demande si la coke et/ou le pétard pourraient éventuellement être distribués au mérite par la médecine du travail et si les stéroïdes font vraiment prendre du poids.

Une journée ordinaire sur le point de s’achever comme beaucoup d’autres, quand soudain… c’est le drame ! Derrière la porte close du chef, on entend les rumeurs rassurantes de l’open-space, quand soudain quelqu’un tousse. 2 fois. Le silence se fait instantanément. Le boss stoppe net le meeting.

Arrêt sur image. Travelling arrière sur l’énigmatique Forrest Whitaker : « Mesdames, messieurs, Mag ne le sait encore, mais elle va vivre une aventure au-delà du réel, là où tout est possible, elle va entrer dans… The Twilight Zone »
(hum, pour les incultes et les mineurs, il ne s’agit pas ici du film à midinettes hystériques, mais bien de la mythique et authentique… 4ème dimension – 3ème génération).

Retour sur notre Mag, perplexe au milieu du champ de bataille. Oui, oui d’un champ de bataille. Elle cligne des yeux, se pince, rien n’y fait, Le chef s’est transformé en Général Patton, et hurle en anglais qu’il faut sauver un certain Ryan. Mag se repince, se met au garde à vous, bombe le torse (elle maîtrise la posture) et informe le Général que ledit soldat peut rester crever derrière les lignes ennemies. L’urgence est ailleurs.

Flick Flack (non pas la girafe cette fois), un hélico survole le bâtiment. Les forces spéciales viennent de faire irruption pour évacuer la victime vers la zone de décontamination la plus proche. Les personnages se meuvent au ralenti, les GI sont beaux, bronzés, tatoués (forcément ce sont des forces spéciales…), et Mag se demande dans quelle mesure elle ne peut pas simuler la toux fatidique. C’est bien simple, rien qu’à l’idée d’être mise en quarantaine avec le-physiquement-intélligent-et-courageux-GI, elle sent déjà la fièvre monter.

Indifférent à son trouble, le général appelle la famille de la victime, annonce l’infamie, les prépare au pire, commande un drapeau pour l’inhumation et prend contact avec la kommandantur pour décerner la médaille du courage à titre posthume à l’infortuné soldat.

Soudain, l’agent Spécial K, à la silhouette parfaite, des services de renseignement vient leur confirmer que la victime matricule 3665 avait 38,3° vers 14h30. Bien qu’un peu surpris par ces contrôles rectaux inopinés dans sa division, le général déclenche le niveau d’alerte rouge, risque maximal contre la pandémie au sein de son unité. Les sirènes hurlent « ceci n’est pas un exercice, je répète ceci n’est pas un exercice».

Les autres soldats plongent sous leur bureau, les masques à gaz tombent des faux plafonds. Un bébé pleure. Un bébé pleure ? En même temps y’a toujours un bébé qui pleure dans les films catastrophe…

On met en place la procédure de décontamination : douche antiradiation, peeling aux graines de papaye, et diffusion d’un gaz assainissant George Lutens. Le Général s’habille en Prada.

Les services de communication sont en branle (non inutile de rajouter un jeu de mot douteux), rapport toutes les 5 minutes exigé (no comment bis !). Les soldats de la compagnie passent à la question, Julien Lepers au détecteur de mensonges, Foucault étant assigné au bunker du président. On recherche d’éventuels dommages collatéraux. Qui a pris l’ascenseur avec le héros du jour ? Qui lui a roulé des pelles ? Qui a léché son clavier ? Qui a respiré le même oxygène ? Qui a mangé du poisson à la cantine ?

Les têtes tombent. Le Général contacte Guantanamo. « Pendus ! Vous serez tous pendus ! » hurle le sergent formateur. De peur, un soldat s’évanouit dans sa combinaison anti Ebola. Un autre appelle sa mère preuve que le désespoir est palpable. On ne compte plus les déserteurs, ces hommes anti patriotiques partis lécher les joues de leurs familles au risque de ruiner la nation.

Ça doit être nerveux. Mag rit. Fort. Elle risque elle aussi la court martiale, ce qui est beaucoup moins excitant depuis la disparition des commandos moulés dans leurs petites combis sexy noires. Elle rit donc in petto, car telle une hôtesse de l’air, le général s’est mis en tête de montrer les gestes qui sauvent : comment se moucher dans son coude, comment jeter un kleenex dans une poubelle et comment compter jusqu’à 30 avec le gel hydro-alcoolique qui pue, qui colle mais qui cartonne.

Mag rit allegro, puis forto. Mag pleure. A cause des gaz sans doute.

18 :45 heure de Greenwich. La nouvelle tombe sur radio libre. Le soldat est mort, une rupture d’anévrisme qui a mis fin à une douloureuse agonie liée à une sombre histoire de Leucémie. Le général sourit, et respire enfin. Tout le monde est soulagé. Rien de grave, la pandémie est évitée.

Et Mag comprend enfin qu’elle a sombré dans la 4ème dimension…

… jugement dernier

Ne me demandez pas comment j’en suis arrivée là. Je déambulais négligemment l’oreille collée à l’Iphone, les sacs de courses entre les dents quand soudain…
PAF le chien.
Flick Flack la girafe…

J’ai pas bien vu si j’étais partie avec classe et dignité sous les roues d’un bolide hors de prix ou aplatie comme une mouche sur le pare brise d’un bus touristique.

Enfin au point où j’en suis peu importe, me voilà comme une dinde à faire la queue avec les autres gagnants du jour, un QCM entre les mains. Bon allez let’s go qu’on en finisse, on va pas y passer la journée, j’ai rencart avec des copines ce soir, un brunch demain, une manucure à finir…

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… oublie que t’as aucune chance, vas y fonce

Fonce ma fille fonce, dans la vie faut foncer.
Combien de fois j’ai entendu ça ? « Oublie que t’as aucune chance, vas-y fonce ! »
Et malgré le sacro saint « sur un malentendu ça peut peut-être marcher », j’ai passé pas mal de temps sur le bord de la route. Oh j’étais pas sur le trottoir hein. Juste sur la voie des véhicules lents. Je regardais passer les Porsches. Un peu comme une vache regarderait passer les trains.

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