… Facebook & moi & moi & moi…

Facebook est mon ami. Je sais que dit comme ça je vais tout de suite choper l’image d’une femme qui finira seule sur sa couverture en crochet, bouffée par ses chats. Remarquez moi je veux bien, mais je ne serai pas seule dans ce cas à tomber au front, telle une poilue de la cyber guérilla. Facebook sera alors devenu  la première cause de mortalité chez les femmes de l’an 3000, juste avant les chats donc…

Pendant les jours confus, la grande guerre, ma grande guerre, pendant le chaos et le naufrage, Facebook est devenu une pierre angulaire de ma vie sociale, une pierre angulaire de ma vie tout court. Planquée derrière mon écran j’ai pu continuer à faire comme si. A faire comme si je n’avais pas une tête de poisson pané, le teint jaune, les yeux dans les coins, le cheveu mousseau. Je pouvais faire style genre je rigole alors que les sanglots jouaient toujours les prolongations dans ma voix. Je pouvais rester en contact, rester in, dans la course alors que je n’aspirais qu’à rester planquée sous ma couette. Facebook m’obligeait à rester sociable, à ne pas fermer la porte de ma grotte. Vous voyez l’ironie n’est-ce-pas ? J’avais l’impression de continuer à vivre.

C’était juste une impression somme toute, car la vacuité des lignes tapées en kikoulol, des photos préfabriquées et des applications grotesques et chronophages ne m’échappaient pas. J’étais triste, pas aveugle. J’avais le cœur brisé, ce n’était une raison pour me mentir. Pour le mensonge j’avais les sites de rencontre . Je survivais sur la toile avec Facebook comme ancrage. Un vrai petit boyscout mon facebook. Un gentil petit saint Bernard avec sa fiole de gnole, les poils et la gueule de bois en moins.

J’adore Facebook. C’est une pilule à petits bonheurs. Quand certains y voient peut être à juste titre une farce grotesque et une pantomime des rapports humains, j’y trouve mon compte jours après jours. La crise est passée, une autre viendra. Entre les deux ma béquille virtuelle s’est changée en couteau suisse. On peut tout faire sur FB, se faire des potes, se faire draguer, afficher son bonheur à la figure des rabats la joie, on peut se quitter sans un mot ou en esclandre. On crie son amour, on pleure sa haine, on se ridiculise, on en rit. On se fait virer aussi. On demande des recettes de cuisine et on pleure le lendemain qu’on a grossi. On échange des photos des sons, du bruit, des bons mots, des bons plans. Sur Facebook on cultive l’ironie. Le virtuel se palpe du bout des doigts mais prend une place de choix dans notre agenda.

On pourra critiquer tout ce qu’on veut, moi je dis que Facebook  remplacera l’Häagen Daas pendant les jours de cafard. Oh, je sais qu’à ces mots beaucoup crieront au scandale et à bas la perversion. Je leur répondrai qu’au contraire, Facebook nous aidera à sortir du chagrin sans saccager nos fesses. Rien que pour ça, notre moral remontera en flèche.
De la à qualifier Facebook cause nationale d’utilité publique 2012 il n’y a qu’un pas…
ou pas…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s