… A-H1NI the twilight zone

Notre histoire débute par une journée ordinaire dans une ville ordinaire, la météo est plutôt clémente pour un mois d’octobre et la cantine du boulot a servi du poisson pour déjeuner. Notre héroïne de cette semaine s’appelle Mag. Elle travaille comme d’habitude dans son placard nommé bureau, entouré de ses amis requins nommés collègues, elle louche sur son ordi nommé… ordi, et n’a pas pris de poisson pour déjeuner. Elle en est à sa 6ème réunion, sans pause. Elle rayonne, elle suinte la positive attitude. Il est 18h, dernier meeting avec le boss, no stress donc. Elle gère. Enfin elle a surtout arrêté de penser sur les coups de 14h. Depuis elle se demande si la coke et/ou le pétard pourraient éventuellement être distribués au mérite par la médecine du travail et si les stéroïdes font vraiment prendre du poids.

Une journée ordinaire sur le point de s’achever comme beaucoup d’autres, quand soudain… c’est le drame ! Derrière la porte close du chef, on entend les rumeurs rassurantes de l’open-space, quand soudain quelqu’un tousse. 2 fois. Le silence se fait instantanément. Le boss stoppe net le meeting.

Arrêt sur image. Travelling arrière sur l’énigmatique Forrest Whitaker : « Mesdames, messieurs, Mag ne le sait encore, mais elle va vivre une aventure au-delà du réel, là où tout est possible, elle va entrer dans… The Twilight Zone »
(hum, pour les incultes et les mineurs, il ne s’agit pas ici du film à midinettes hystériques, mais bien de la mythique et authentique… 4ème dimension – 3ème génération).

Retour sur notre Mag, perplexe au milieu du champ de bataille. Oui, oui d’un champ de bataille. Elle cligne des yeux, se pince, rien n’y fait, Le chef s’est transformé en Général Patton, et hurle en anglais qu’il faut sauver un certain Ryan. Mag se repince, se met au garde à vous, bombe le torse (elle maîtrise la posture) et informe le Général que ledit soldat peut rester crever derrière les lignes ennemies. L’urgence est ailleurs.

Flick Flack (non pas la girafe cette fois), un hélico survole le bâtiment. Les forces spéciales viennent de faire irruption pour évacuer la victime vers la zone de décontamination la plus proche. Les personnages se meuvent au ralenti, les GI sont beaux, bronzés, tatoués (forcément ce sont des forces spéciales…), et Mag se demande dans quelle mesure elle ne peut pas simuler la toux fatidique. C’est bien simple, rien qu’à l’idée d’être mise en quarantaine avec le-physiquement-intélligent-et-courageux-GI, elle sent déjà la fièvre monter.

Indifférent à son trouble, le général appelle la famille de la victime, annonce l’infamie, les prépare au pire, commande un drapeau pour l’inhumation et prend contact avec la kommandantur pour décerner la médaille du courage à titre posthume à l’infortuné soldat.

Soudain, l’agent Spécial K, à la silhouette parfaite, des services de renseignement vient leur confirmer que la victime matricule 3665 avait 38,3° vers 14h30. Bien qu’un peu surpris par ces contrôles rectaux inopinés dans sa division, le général déclenche le niveau d’alerte rouge, risque maximal contre la pandémie au sein de son unité. Les sirènes hurlent « ceci n’est pas un exercice, je répète ceci n’est pas un exercice».

Les autres soldats plongent sous leur bureau, les masques à gaz tombent des faux plafonds. Un bébé pleure. Un bébé pleure ? En même temps y’a toujours un bébé qui pleure dans les films catastrophe…

On met en place la procédure de décontamination : douche antiradiation, peeling aux graines de papaye, et diffusion d’un gaz assainissant George Lutens. Le Général s’habille en Prada.

Les services de communication sont en branle (non inutile de rajouter un jeu de mot douteux), rapport toutes les 5 minutes exigé (no comment bis !). Les soldats de la compagnie passent à la question, Julien Lepers au détecteur de mensonges, Foucault étant assigné au bunker du président. On recherche d’éventuels dommages collatéraux. Qui a pris l’ascenseur avec le héros du jour ? Qui lui a roulé des pelles ? Qui a léché son clavier ? Qui a respiré le même oxygène ? Qui a mangé du poisson à la cantine ?

Les têtes tombent. Le Général contacte Guantanamo. « Pendus ! Vous serez tous pendus ! » hurle le sergent formateur. De peur, un soldat s’évanouit dans sa combinaison anti Ebola. Un autre appelle sa mère preuve que le désespoir est palpable. On ne compte plus les déserteurs, ces hommes anti patriotiques partis lécher les joues de leurs familles au risque de ruiner la nation.

Ça doit être nerveux. Mag rit. Fort. Elle risque elle aussi la court martiale, ce qui est beaucoup moins excitant depuis la disparition des commandos moulés dans leurs petites combis sexy noires. Elle rit donc in petto, car telle une hôtesse de l’air, le général s’est mis en tête de montrer les gestes qui sauvent : comment se moucher dans son coude, comment jeter un kleenex dans une poubelle et comment compter jusqu’à 30 avec le gel hydro-alcoolique qui pue, qui colle mais qui cartonne.

Mag rit allegro, puis forto. Mag pleure. A cause des gaz sans doute.

18 :45 heure de Greenwich. La nouvelle tombe sur radio libre. Le soldat est mort, une rupture d’anévrisme qui a mis fin à une douloureuse agonie liée à une sombre histoire de Leucémie. Le général sourit, et respire enfin. Tout le monde est soulagé. Rien de grave, la pandémie est évitée.

Et Mag comprend enfin qu’elle a sombré dans la 4ème dimension…

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