… Une femme, une vraie

C’est … C’est… C’est…Chichi pompon ! C’est une débauche de volants de tulles et de mousseline. C’est magique c’est le Bonheur des dames que je relis consciencieusement chaque hiver, comme on consulte un ouvrage religieux, une encyclopédie sur la femme. C’est l’orgie de dentelles et de colifichets. Ecoutez comme ça sonne rond en bouche. Impossible d’être vulgaire quand on prononce ces mots là. Adieu ouech ouech, bonjour noblesse.

C’est un hommage à la femme, c’est ce coureur de monsieur Mouret s’inclinant devant la grâce. C’est ce rustre de Butler capitulant devant la garce. C’est une arme absolue dans la main de ces femmes, pas si frêles, pas si cruches, qui ont fait ramper les plus grands. Regardez leurs silhouettes, leurs corps si fiers, corsetés, sublimés.

Car sous les tonnes de tissus, sous les jupons les mantilles, les camisoles et les chemises se trouve le graal. Sa majesté le corset, objet précieux, ultime symbole de la féminité galbe les corps, affine les courbes et défie les lois de l’apesanteur. Finis les seins qui tombent, les tailles épaisses, le ventre ballonné. C’est l’ancêtre de Photoshop, des push up, des crèmes minceurs ! Quel miracle ! Un miracle douloureux certes. Frustrant absolument… une arnaque diront même certains, déçus peut-être devant la transformation de leur moitié enfin dénudée.

Dressée à coup de Sissi, de Peau d’Ane et d’Angélique, j’ai un faible pour ces nippes. J’ai fantasmé sur ces costumes, ces femmes, cette féminité. Alors quand un jour une bonne fée m’a proposée de venir jouer à Cendrillon toute de taffetas vêtue je me suis lancée. Crinoline, corset, jupons, chiffons, je me suis glissée dans la peau de Romy, dans les escarpins de Marie Antoinette !

J’ai valsé dans la salle de balle d’un château, minaudé dans ses jardins, gloussé dans les boudoirs, médits, critiqué dernière mon éventail. La belle vie me direz-vous ! Soit ! Et pourtant… quel exploit pour une minette comme moi !
M’assoir ? Non merci mon cher, ma rate risquerait d’exploser.
Manger ? Sans façon, j’ai déjà grignoté une demi cahuette, je suis rassasiée.
Boire ? Du bout des lèvres. Seul avantage de ce nouvel anneau gastrique.
Danser ? Oui mais alors une valse alors, la tête me tourne déjà…

N’imaginez même pas pouvoir avaler plus d’un macaron Ladurée ainsi engoncée, n’espérez même pas rire aux éclats, fumer, boire ou crier. Adieu les soirées folles, les courses en sac (bon ça admettons), les déhanchements effrénés. Les seins au niveau des oreilles, l’estomac étiré entre les amygdales et le pubis, la taille enroulée autour de votre colonne, c’est toute mon anatomie qui s’est vue chamboulée. Bienvenue dans un monde ou la réserve est synonyme de séduction ou les dames restent dignes, ou les femmes s’évanouissent…

D’ailleurs rien que d’y repenser, j’hyperventile, je redeviens claustrophobe, mon cœur palpite mon cœur s’emballe. Je me sens défaillir.. Vite mon brave… les sels …
Barbara Gourde n’a pas l’habitude d’être ainsi entravée !

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