… oui, mais…

Moi qui vient de boucler un dossier qui traine depuis 3 mois: « ça y est j’ai terminé ma présentation, bon reste encore à peaufiner mais je crois qu’on y est… »
Ils/elles/eux : « Super ! J’adore !!! Non vraiment je te jure, c’est top, mais… »

ouimaisEt hop c’est reparti.
Mes interlocuteurs doivent visiblement avoir une peur viscérale de me vexer voir de déclencher une fureur Catherinienne (non il ne s’agit pas d’une référence directe aux Catherinettes, qui d’ailleurs sont plus réputées pour porter des chapeaux ridicules que pour être des furies… mais un hommage à l’ouragan du même nom) pour me ménager ainsi.
C’est ça ou la majorité des personnes que je côtoie sont gasconnes. Ou alors elles aiment ménager leurs effets…
Et j’avoue que c’est plutôt réussi…

Le « oui…mais… » finit par me faire autant d’effet qu’une Mutelas (non j’ai pas dit Nutella) devant un Taureau catalan : ça me fait gonfler les naseaux.
Ça tourne autour du pot, c’est aussi direct que le Paris-Dakar qui passe par la Belgique pour avoir une répondre franche. Ça gigote, ça se tortille, ça se racle la gorge, ça plisse le nez. Le oui devient non. L’adhésion devient rejet, la majorité devient l’opposition…

Car oui mesdames et messieurs, le « oui…mais… » est tendance, le « oui… mais » est devenu incontournable. Exposer son avis sur le moindre détail devient un art, un rite plus codifié que le lever du roi. Proposer un fond bleu pour une présentation power point équivaut désormais à exposer une toile au musée d’art contemporain. On commente, on critique du bout des lèvres, l’artiste est à coté. On s’improvise D.A. / sociologues / scientologues… Et qu’importe le sujet évoqué, l’énergie est la même, il faut prendre l’air inspiré, bomber le torse et monter la voix d’un octave pour lancer le « oui » souffler douloureusement pour exprimer le « … » tout entier dans sa concentration et finalement expirer le « mais … » qui sanctionnera enfin le bleu outremer en faveur du bleu profond… « T’es pas vexée au moins ?»… Mon dieu si vous saviez… Je vous ferai bien quand à moi avaler la palette de bleus tout entière, me fiche royalement des tergiversations artistico-professionalo-basiques et ne rêve que d’une chose, que le rite soit terminé!

Et si c’est gonflant (non ?) coté pro, c’est carrément insupportable coté perso…
Moi qui sort de la cabine d’essayage « Tu aimes ? »
Lui/Elles/Ma mère (ça faisait longtemps) « oui … mais… pourquoi t’essayerais pas la taille au dessus ? »

Moi qui reviens frétillante de chez le coiffeur « ça me va bien ? »
Lui/Elles/Ma mère (maintenant que je suis lancée) « ouuuuuuui … mais….pourquoi tu te laisserais pas pousser les cheveux ? »

Plus moyen d’avoir une conversation de plus de 5 minutes sans entendre l’insupportable injonction. Ecoutez bien, juste pour voir (je sais c’est contradictoire…). Faites le test, ça marche même pour la météo.
Allez hop c’est parti… « Il va pleuvoir non ? »

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2 réflexions au sujet de « … oui, mais… »

  1. j’adore ! encore un fou rire en te lisant princesse, et si tu savais à quel point je partage ton énervement ! En plein bouclage graphique pour l’organisation d’un séminaire, tu n’imagines pas le nb de DA qui gravitent… et les « oui mais » en conséquence, sur la couleur, la police, la taille des logos, et que je t’en foutrais des palettes de couleurs, des kakémonos et des drapeaux dans la gueule, non mais ! Ca c’est pas mal d’ailleurs : et si les Sue adoptaient le NON MAIS ! ?
    Bizzz

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