… debrief please

Au début je n’ai rien vu venir, une simple pression du genou, à peine une allusion à la porte du bureau. Engoncée dans mon uniforme pubard, et période d’essai au dessus de la tête, c’est le sourire Colgate aux lèvres et l’enthousiasme débordant que j’ai fermé les yeux sur le premier outrage.
Après tout la définition de poste n’était pas très claire et me connaissant je n’ai pas pu m’empêcher de dire en entretien que je m’adaptais vite. Pfff.

Bref, j’ai dit oui, enfin je n’ai rien dit mais mon air soumis équivalait à un pacte avec le Diable. Inconsciente ? Oui, enfin non, j’étais surtout royalement occupée à noter dans la marge tous les concepts étranges directement importés des Staaaates pour les soumettre ultérieurement à mon fidèle ami Google.


C’est ensuite que ça se gâte… De brief en débrief, de meeting en business point, de call en review, de forecast en display… j’ai commencé à coller du wall street english en dehors des heures ouvrables. C’est donc devenu un effort de tous les instants de ne pas demander à mon kid combien il forecast de moyenne chaque trimestre, s’il veut qu’on prépare ensemble son meeting avec sa prof et combien il veut comme incentive pour avoir bien managé son entrée au CP. Et encore je ne parle pas du reste, F-Friends compris…
ARGH. Si seulement je pouvais me vanter d’avoir viré fluent grâce au boulot…

6 mois plus tard, j’ai du me rendre à l’évidence… pour survivre il me fallait plus qu’un esprit corporate, quelques boîtes de lexo/somnifère/gingsens et autres dopants contre la sénilité précoce. J’allais devoir avoir recours à la chirurgie… ou me laisser pousser les bras dans le dos. Tant mieux ce sera beaucoup plus facile pour esquiver les attaques ninjas tout en répondant au téléphone et en jouant (et oui je suis joueuse) avec les TCD de mon autre grand ami excel…
Admettons… allez deux trois coups de bistouri et hop hop hop ma grande Just do it !

Hum 12 mois plus tard et autant de nouvelles interventions visant à améliorer ma rentabilité… j’ai plus l’air d’une fourmi amazonienne que d’une déesse Shiva tout droit sortie de Bollywood… Si seulement j’avais pu me faire greffer un second cerveau en même temps que la 3ème paire de bras…

En attendant je ne ressemble plus à rien alors que ma joblist ressemble toujours à la liste au père noël d’un enfant de 5 ans : « Oh dis petit papa noël… est ce que tu pourrais boucler les 20 dossiers que je viens de coller sur ton bureau d’ici demain matin ? Ce serait top… bon je file j’ai un dîner. » Autant dire qu’au casting j’ai raté l’audition du rôle de l’enfant de 5 ans… C’est décidé j’arrête de porter du rouge d’autant que mon esprit corporate a fondu au même rythme que la dernière prime reçue (heu rapidement donc).

Mais là c’est bon cette fois je la tiens. J’ai la solution, je le sais ! On m’aurait menti tous ces mois alors qu’il existait des manuels de management hyyyper efficaces. Celui là je l‘ai volé dans le bureau du grand Kalif, il était juste à coté de « comment refiler un singe à son collaborateur »… son titre m’a fait rêver…
« Savoir dire Non »…

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