… Aie au lit

Notre tiers de vie ensemble… à jamais

Nous avons eu des débuts difficiles. Tu refusais ma présence, niais mon utilité. Tu criais quand venait l’heure, tu me hurlais ta haine. Et pourtant je suis resté à tes cotés. Tu m’as inondé et pas que de tes larmes… J’aurai pu t’en vouloir, te faire payer cher, toi qui m’as marqué si profondément.
Je suis resté. Avais-je le choix ? Nous étions liés… à jamais.


Ta folie enfin calmée, j’ai été le témoin de tes rêves. Que de plans délirants avons-nous échafaudés ensemble, alanguis dans la pénombre, tous les deux, seuls (désolé mais les animaux de compagnie, ça ne compte pas). J’ai du lutter (si tu savais…) pour garder cette place de choix, face aux troupeaux de tes congénères, gloussantes, vociférantes, pleurnichardes aussi parfois. Evidemment elles te répondaient, elles. Evidemment elles t’accompagnaient elles. Mais j’ai su les supplanter, les accueillant même sournoisement en mon sein à l’occasion. J’assume ma perfidie : il n’y a pas de victoire sans bataille. Pas de gloire sans sacrifices.

Mais le plus dur restait à venir. Car vint le temps où tu as rencontré l’Autre. Quel culot ! Même sans sa présence nous n’étions plus seuls. Fini le prince charmant que nous avions imaginé ensemble, fini les plans de carrière, les tirages du loto, les matricides renouvelés sans cesse avec ce même bonheur. Il ne restait plus que lui, là avec son tas de muscles qui me tuait le dos. Nous a-t-on présenté ? Non jamais. Il a tapé l’incruste. Il m’a piétiné, écrasé sans ménagement, et toi au lieu de me soutenir tu lui réservais ton enthousiasme et ton énergie.

Seule consolation, tu passais plus de temps avec moi. Mais permets-moi de douter de ton inclination soudaine. Tu semblais tellement agitée ! Adieu silence, bonjour ivresse… j’ai crains pour ta santé… Enfin quoiqu’il en soit une fois de plus, j’ai du m’adapter. J’ai finit par comprendre que ça allait durer. Que je devrai te prêter à lui, à d’autres. Qu’avec eux en somme j’étais sûr de te voir revenir. D’ailleurs tu ne paraissais plus pressée de me quitter.

Les années ont passé, eux aussi d’ailleurs. Et bien que tu ne sois pas consciente de mon affection silencieuse, je t’accompagne. Je suis là pour te prendre dans mes bras. Je suis ton refuge quand tu souffres (on fait moins la maligne, et l’acrobate hein ?), ton ultime recours quand tu fuis (sûr que c’est le dernier endroit ou l’on viendra te chercher… que tu es naïve). J’ai adopté ton enfant comme le mien (comment refuser ?), et accueilli les nouvelles bavouilles avec résignation à défaut de plaisir. Oh bien sûr il me déteste pour le moment… comme toi jadis. Mais je saurai le dompter. Bientôt lui aussi rêvera dès son lever de me retrouver.

Je vous suis indispensable, en toute modestie. Je suis votre gardien, la pièce maîtresse de votre équilibre. Non, non ne niez pas vous m’aimez… vos soupirs vous trahissent. Vous m’aimez je le sais…

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